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DEVISE ET ARMOIRIES NOTRE-DAME-DE-BONSECOURS

La Société de création et de recherches artistiques SOCRATE en collaboration avec La société de Gestion de la Petite-Nation SOGEPEN

par Jacques Lamarche
graphisme: Louise Falstrault


Le dix novembre 1987

LA DESCRIPTION DES ARMOIRIES DE NOTRE-DAME-DE-BONSECOURS

* L'écu se définit par sa couleur majeure:

Ainsi l'écu de queules avec le rouge; sinople avec le vert devient à Bonsecours l'écu d'azur avec le bleu.

* La fasce correspond à des liqnes droites et horizontales: 

L'écu de Bonsecours propose une double fasce d'or. La pre­mière, au point d'honneur, évoque la Vieille-France de Monseigneur François de Laval, premier seigneur de la Petite­Nation. Les armoiries de la Compagnie des Indes occidentales qui lui concéda ce fief affiche une telle ligne plus étroi­te (appelée "divise") au point d'honneur également. La seconde, au nombril, associe dans les présentes armoiries la Nouvelle-France des défricheurs et colons qui vinrent bâtir la seigneurie des Papineau au siècle dernier et donnèrent naissance à Notre-Dame-de-Bonsecours.

* La brisure alaisée de lys d'arqent

Le chef de lignée arbore un écu plein; la brisure s'y super­pose selon le choix de ses descendants. Ainsi, le croissant, en art héraldique, convient à quatre fils alors que le lys est la brisure propre à six fils.

La famille paternelle de Mgr de Laval et celle de Joseph Papineau la chacune six fils, d'où la brisure de lys.

Le lys rappelle en outre, de nouveau, que la Compagnie des Indes occidentales affiche dans ses armoiries deux fleurs de lys sur un champ bleu.

On dit d'une brisure qu'elle est "alaisée" (comme ici) lors­qu'elle ne touche ni au sommet ni à la pointe.

L'arqent du lys s'inspire des armoiries personnelles de Mgr François de Laval où l'on retrouve " une croix chargée de cinq coquilles d'arqent".

* Les meubles. en art héraldique. soutiennent ou entourent l'écu: ils enrichissent la symbolique des armoiries

Les ramures et feuilles de chênes font écho aux descriptions de Samuel de Champlain fasciné par leur beauté lors de son passage, le long de la Petite-Nation. Ils évoquent aussi la richesse naturelle de Bonsecours telle que décrite par l'ar­penteur royal, Joseph Bouchet, dès 1815, fasciné par la taille des chênes de Bonsecours.


* Le listel convient au rayonnement de Bonsecours qui s'étend d'est en ouest. de Fassett à Plaisance. et présente la devise Seiqneurs et Bâtisseurs. 

LA DEVISE :   SEIGNEURS ET BÂTISSEURS

Elle s'inspire du patrimoine et du rayonnement de Bonsecours

Rappel historique Le dix mai 1815:  Sa Grandeur monseigneur Octave Plessis, autorise et sanctionne la création de la Mission initiale de Notre-Dame de Bonsecours

Le trois septembre 1821: Le grand Vicaire du diocèse de Québec, monseigneur Jean-Jacques Lartigue émet une ordonnance quant à l'érection de la chapelle dédiée à Notre-Dame de Bonsecours

Le vingt-six septembre 1831: Sa Grandeur monseigneur Claude­Bernard Panet, évêque de Québec se rend à la requête signée le cinq juillet 1831, par Denis-Benjamin Papineau et plus de soixante-quinze "tenanciers". Il signe "le décret canonique de la paroisse, sous le vocable de Notre-Dame de Bonse­cours".

Son décret recommande en outre aux gens de Bonsecours de se pourvoir de la reconnaissance "civile auprès de son Excellence le Gouverneur de cette Province", Lord Aylmer

Le dix-huit juin 1845: Le gouverneur des Provinces du Canada, Charles Théophilus, baron Metcalfe autorise la publication dans The Canadian Gazette d'un "Acte. .. pour l'établissement d' au­torités locales et municipales dans le Bas-Canada" incluant LA MUNICI­PALITÉ DE LA PETITE-NATION COMPRE­NANT LA PAROISSE DE NOTRE-DAME DE BONSECOURS DE LA PETITE-NATION, TELLE QUE CANONIQUEMENT ÉRIGÉE.

Le premier juillet 1855: La reine victoria sanctionne "l'Acte des municipalités et des chemins en vertu duquel la paroisse canonique (de l'ancienne municipalité civi1le de la Petite-Nation abolie en 1847) Notre-Dame de Bonsecours obtient une reconnaissance civile officielle.

Le vinqt-deux août 1878: De la corporation municipale de Notre-Dame de Bonsecours se détache le village qui obtient sa reconnais­sance civile sous le nom de Monte­bello

Le sept mars 1918: A la suite de diverses modifications territoriales, dont la création de la paroisse autonome Saint-Fidèle de Fassett entre autres (1913), recon­naissance de la Municipalité Notre­Dame de Bonsecours Partie Nord.

LE MOT SEIGNEURS SOULIGNE LA RICHESSE PATRIMONIALE DE BONSECOURS

Le premier seiqneur de la Petite-Nation est issu de la branche cadette de l'une des plus nobles familles de France, les Montmorency de Laval. Né à Montigny-sur-Avre, dans le diocèse de Chartres, le trente avril 1623, François-Xavier de Laval est le fils de Michelle de Péricard et Hugues de Laval, seiqneur de Montigny, Montbaudry, Alaincourt et Revercourt. Il est mort à Québec, le six mai 1708.

Venu lui aussi de Montigny, en 1670, l'ancêtre des Papineau de Nouvelle-France s'est établi à Montréal. L'un de ses descendants, Joseph Papineau s'installa sur la rue Bonsecours. Il achète, en 1801 et 1803, du Séminaire et du Chapitre de Québec, la totalité de l'ancienne seigneurie de Monseigneur de Laval.

Joseph Papineau devient ainsi le premier seiqneur civil de la Petite-Nation. Ses fils Louis-Joseph et Denis-Benjamin acquier­rent à leur tour diverses parties du domaine seigneurial et veil­lent à son développement.

Le patrimoine de Notre-Dame-de-Bonsecours s'associe donc à l'his­toire des seiqneurs de la Petite-Nation, François-Xavier de Laval et Joseph Papineau.

LE MOT BÂTISSEURS SOULIGNE LE RAYONNEMENT DE BONSECOURS

Primo. l 'Histoire a retenu la mémoire du premier évêque de la Nouvelle-France comme l'un des derniers qrand bâtisseur du pays. La devise fait donc allusion à ce témoignage.

Elle rappelle en outre que la première mission de la Petite-Nation de Bonsecours (1815) a donné naissance à une dizaine de paroisses, villages ou municipalités avoisinantes.

En plus de Fassett et Montebello, détachées jadis de Bonsecours, la paroisse-mère a contribué à bâtir celles de Sainte-Angélique de Papineauville et Saint-André-Avellin dont, plus tard là aussi, naquirent les villages de Papineauville ou Plaisance, Saint-André­Avellin ou Notre-Dame-de-Ia-Paix.

Le rayonnement des dix-neuf défricheurs de la Petite-Nation, réunis sous la protection de Notre-Dame de Bonsecours a largement débordé la seigneurie et la paroisse. De Roquelune (Rockland) à Aylmer ou Gatineau, du Lac Simon à Ripon et Montpellier de Mont­Laurier à Duhamel ou Suffolk, les familles et les descendants des premiers colons de Bonsecours ont aidé à bâtir de magnifiques territoires aujourd'hui fiers de leur origine.

Le rayonnement de Notre-Dame-de-Bonsecours s'associe donc aux bâtisseurs anciens et actuels de toute la région de l'Outaouais.

LES ARMOIRIES DE BONSECOURS

Les armoiries sont "un ensemble de signes distinctifs d'un prince, d'une ville ou d'une famille, peints ou sculptés suivant les règles de la science héraldique".

Celles de Notre-Dame-de-Bonsecours contiennent trois éléments de blason ne ment: l'écu et ses couleurs bleu et or: le liste l, cette bande sous l'écu portant la devise Seiqneurs et bâtisseurs ainsi que l'emblême de soutien, feuilles et rameaux de chênes.

Les deux fasces d'or sur l'écu représentent et associent deux continents, d'une part l'ANCIENNE et d'autre part la NOUVELLE­FRANCE. De l'ancienne, venant tous deux de Montigny, le descendant des "premiers barons de France" , François-Xavier de Laval et l'ancêtre des Papineau de la nouvelle, Samuel Papineau.

L'emblème de soutien: feuilles et rameaux de chênes, veut rappe­ler la richesse et la beauté tout autant que la vocation initiale de Bonsecours.

Député de Montréal à l'Assemblée nationale du Bas-Canada, Joseph Papineau a vite compris l'importance économique de sa seigneurie gorgée de chênes, pins et érables millénaires et majestueux. Assujettie au sévère blocus napoléonnien de 1807, l'Angleterre était alors obligée de s'en remettre à ses colonies pour se procurer le bois nécessaire à la construc­tion de ses bateaux, seul moyen d'échapper à son isolement insulaire. Des centaines de "trains d'eau" descendirent de la Petite-Nation vers Montréal pour prendre la route de Londres.

"En pénétrant plus avant dans la seigneurie, écrivait dès 1815, l'arpenteur Joseph Bouchet, le terrain s'élève par degré et il est couvert de bois de construction de la meil­leure espèce: les chênes y sont d'une qualité supérieure et particulièrement de la plus forte taille, propres à la cons­truction de vaisseaux".

Le reflet doré des immenses troncs réunis en cages à l'embou­chure de la rivière de la Petite-Nation, défilant devant le cap Bonsecours et flottant sur la rivière des Outaouais fait partie de l'histoire, de la vie et de la richesse de nos ancêtres. Il est donc intégré au blasonnement de Notre-Dame­de-Bonsecours.

Et voici la justification des couleurs et de la devise des armoi­ries de la première municipalité de la Petite-Nation: Notre-Dame-de-Bonsecours.

LES COULEURS : BLEU ET OR

Non seulement l'harmonie graphique de ces deux couleurs se prêtent au blasonnement de Notre-Dame-de-Bonsecours mais elles jaillis­sent, toutes deux, de la vie même de la première paroisse de toute la Petite-Nation.

LE BLEU

Il souligne deux caractéristiques de Bonsecours: l'une topogra­phique (sa géographie), l'autre toponymique (son nom).

 

TOPOGRAPHIQUE 

Peu après son arrivée chez-nous, par voie d'eau du lac des Deux-Montagnes et de la rivière des Outaouais, le missionnai­re sulpicien Jean-Baptiste Roupe élève une haute croix, en 1818, au cap Bonsecours face à la rivière.

Le bleu des armoiries évoque donc cette caractéristique topographique de Bonsecours avec ses "cinq lieues de front sur la rivière des outaouais", les rivières de la Kinonge ou de la Petite-Nation et les nombreux lacs qui la sillonnent.

L'eau est un élément majeur de la vie et de l'évolution de Bonsecours.
 

TOPONYMIE

C'est au Cap Bonsecours que se rassemblent les premières familles pour un dernier hommage à ses défunts, dès 1815. La première chapelle de la seigneurie et la seule pendant quatre décennies s'y élève dès 1821. Dédiée à Notre dame la vierge Marie, elle rappelle la première chapelle de pierre que la ténacité de Marguerite Bourgeoys fit élever, dès 1657, par corvées, à Montréal (alors Ville-Marie) sous le vocable de Notre-Dame-de-Bon-Secours. Ainsi, Mgr Jean-Jacques Lartigue, peu avant sa visite à la Petite-Nation, approuve les plans et proj ets pour "la future fabrique de l'église Notre-Dame de Bonsecours". Monsieur Roupe en fait état dans son rapport:

"L'an 1821, le troisième jour de septembre, a été bénite l'église de la mission de Notre-Dame de Bonsecours, sous le titre et l'invocation de la B/V/M/ de Notre-Dame de Bonsecours.

Le bleu des armoiries évoque donc cette caractéristique toponymique de Bonsecours. Toute la population de la jeune et nouvelle paroisse est alors placée sous la protection de la bienheureuse Vierge de Bonsecours dont le bleu demeure la couleur mariale.
L'OR

Il correspond à deux autres caractéristiques de Bonsecours: l'une historique et l'autre, économique

Historique 

Le premier seigneur de la Petite-Nation (en 1674), Mgr François de Laval descend d'une illustre famille qui affiche la fière devise "Premiers barons de France" au listel d'or de son blason nobilaire.

L'or des armoiries évoque donc les origines du premier seigneur de la Petite-Nation venue de la Veille-France et sa présence dans la Nouvelle-France, au temps des lys d.or royaux de Louis XIV.

(On retrouve cette association de la Vieille et de la Nouvelle France dans les deux "fasces" d'or de l'écu).


Économique

D'immenses et profondes forêts (chères aux Algonquins de la Petite-Nation, les Oueskarini), riches d'érables, de pins et de chênes millénaires couvrent le pays au moment où Joseph Papineau acquiert du Séminaire et du Chapitre de Québec (en 1801-1803) la lointaine seigneurie de la Petite-Nation. Bûcherons et défricheurs se mettent aussitôt à l'oeuvre pour assurer le bien-être de leurs familles.

Equarris et assemblés chez-nous, les troncs de ces érables, pins et chênes maj estueux aux reflets dorés descendent par grands trains d'eau vers Montréal. Ils vont approvisionner les chantiers impériaux d'Angleterre aux prises avec le blocus naval de Napoléon de 1807.

L'or des armoiries de Bonsecours évoque donc à la fois cette première force économique de notre région et la richesse forestière qui se perpétuent encore de nos jours.

Ces quatre caractéristiques propres à Notre-Dame de Bonsecours, première paroisse religieuse et civile de la Petite-Nation, ont donc inspiré la conception et la création du blasonnement quant à ses couleurs.

Le noir, complémentaire, appuie l'or et le bleu; il évoque ce trésor protégé dans la Kinonge que sont nos érables noirs.

LE BLASONNEMENT DE NOTRE-DAME-DE-BONSECOURS

  1. L.ÉCU       En pointe, d.azur à double fasce d.or au point d.honneur et au nombril avec brisure alaisée de lys
  2. LES MEUBLES De ramures et feuilles de chênes soutenant l.écu au nombril à dextre et à senestre, le listel sous la pointe.
  3. LE LISTEL   D.Est en Ouest (dextre et senestre présente la devise SEIGNEURS et BÂTISSEURS.

Tous les éléments retenus évoquent des caractéristiques propres à l'histoire, la situation, l'évolution ou le rayonnement de Notre-Dame-de-Bonsecours, la première paroisse de la seigneurie de la Petite-Nation en Nouvelle-France.

 
 

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